Le thrombus vaginal


Le thrombus vaginal est très rare. 1 cas pour 1000…

Quand on est enceinte, on sait pertinemment que l’accouchement est un moment plus ou moins difficile en fonction de chaque femme.

J’avais une peur bleue de passer par la case « Accouchement ». Mais comme m’a dit la sage-femme, ce petit bout est rentré, va bien falloir qu’il sorte!

Oui mais alors, ça fait quoi les contractions? qu’est-ce qu’on ressent quand bébé sortira ? va-t-on souffrir?

Oui, une femme enceinte plonge dans l’inconnu, sans que personne ne dise réellement ce que c’est ! J’ai eu beaucoup d’échos, on m’a dit « tu verras, c’est Bagdad!! » ou encore « moi je n’ai rien senti grâce à la péridurale ».

Et bien pour moi, les contractions étaient comme un épisode de spasmes abdominales, comme si j’avais la gastro. Pas très glamour je sais, mais les douleurs ont été très vite prises en charge grâce à « MR PERDURALE »!!! Cette péridurale est tombée à point nommé, et grâce à elle les choses ont été plus simples…

Le moment arrive, on me dit « Aller, petite merveille est là, et il est vraiment temps qu’elle sorte! POUSSEZ!!«  Déjà, le temps est passé si vite, pas le temps de réfléchir, je veux voir sa bouille. Elle ressemblera le plus à qui ? Papa, Maman?? ça y est elle est là, enfin !! On me la pose sur la poitrine, et là … Grand moment magique, une bouffée d’amour vous envahit, comme si l’amour prenait une nouvelle forme ! ça y est je suis devenue MAMAN !! et mon loulou est PAPA ! Oui ça y est, nous sommes parents ! OH MY GOD !! On est parents !!!

Mais toutes ces pensées n’ont pas eu le temps de faire le tour de ma tête quand je sens une énième poussée. Sage-femme étonnée me dit  » Y en a encore un autre »?!! Euuuh non, sinon votre hôpital va avoir un sérieux problème s’il s’est planté !!!

Mais non, rien de tout ça. ça pousse encore, et encore dans l’utérus comme derrière! Mais qu’est-ce qu’il se passe?

Ma péri avait été enlevée trop tôt, la douleur était insoutenable, au point de crier, de hurler ! J’avais envie de mourir. Le jour de la naissance de ma fille, je voulais mourir !! tellement que la douleur n’était pas humaine.

J’ai fait peur à la gentille sage-femme étudiante, en lui envoyant dans les dents son efferalgan ! Elle se fout de moi celle-là aussi ! Où est le médecin?? donnez moi de la morphine ! j’ai trop mal ! En fin de compte, les contractions à coté de tout ça, c’est vraiment du pipi de chat!

Au bout de 3h, le professeur du service arrive enfin ! j’ai vu des internes qui me disaient « Mais je ne vois rien, je ne sais pas ce que vous avez »! Et lui, juste en voyant mon état a tout de suite compris, hémorragie interne!

Mais comment est-ce possible, je veux bien croire qu’un accouchement n’est pas une partie de plaisir, mais de là à faire une hémorragie, c’est tout simplement pas possible!

Et bien en fait, pendant le travail, et peu de temps après la péridurale, mes jambes ont fortement gonflé! La sage-femme me disait que ça arrivait, mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter. c’était déjà un premier signe, que personne n’a voulu voir.

Ensuite lors de la poussée, une artère utérine a pété sous la pression et le fluide s’est écoulé dans l’espace du petit bassin qu’il pouvait trouver, d’où mes sensations de devoir pousser encore et encore alors que bébé était déjà sorti.

J’ai eu droit à 2 embolisations, morphine, transfusion, une rachi anesthésie pour endormir tout ça. Et voilà… 2 jours à roupiller sans voir personne, parce que j’étais aussi jaune que Marge Simpson.

Au 3ème jour, j’ai enfin revu mon mari et aussi ma fille. Je me croyais à noël! Comme elle est jolie, et elle ressemble beaucoup….. à papa ! j’ai perdu, mais elle est tellement mimi. En plus, elle ne pleure pas, dort beaucoup, elle est toute sage…ça m’arrange qu’elle soit toute sage, et tout le tralala, les aides-soignantes étaient au petit soin pour nous.

Le lendemain on m’a ramené un miroir pour regarder le massacre ! Oui c’était bien Bagdad! Je ne pouvais plus me lever, ni marcher. J’avais une sonde urinaire, un tuyau pour m’aider à respirer et mon bébé avec moi. Quand elle pleurait pour manger ou qu’il fallait la changer, les sages-femmes étaient là. Bon pas trop réactives quand même, mais elles étaient là. Je suis restée 3 semaines à l’hôpital. J’ai réappris à marcher 2 jours avant de sortir. Je dois dire que le thrombus vaginal était mal placé. Pour moi, c’était sur la lèvre droite jusqu’au fessier. Le professeur m’a dit que ça ressemblait à une poche de sang de 15 cm de diamètre… Entre les jambes, ça prend de la place pour marcher et ça pèse lourd surtout.

Aller, ni une ni deux, je me lance. Je me lève, je regarde en l’air pour ne pas tourner de l’oeil, et je me lance… Non ça ne veut pas. Je vais pas y arriver, mais elles ont eu une idée! Je prends mes poches de perf d’un coté, le berceau de ma puce devant moi et je pousse. Oui comme ça c’est plus facile. Je fais 5 mètres le premier jour. Un exploit. Puis 10 le second. Et le matin de ma sortie, la kiné a voulu que je m’entraine à monter les marches d’un escalier. Mais trop facile !! Finger in the noze! Ou pas! J’ai mis 15 minutes pour monter 10 marches ! Non ce n’est pas possible, tout ce que j’ai fais, c’était de mettre au monde ma petite merveille, alors pourquoi tout ça me tombe dessus. J’ai jamais rien fais de mauvais dans ma vie, alors pourquoi mère nature s’acharne sur moi comme ça!

Non, je ne la laisserais pas mener ma vie comme elle l’entend. Je vais y arriver. Et je vais marcher.

De retour à la maison, Papa loulou a pris soin de nous ! Il a pu poser un mois de CP pour s’occuper de sa petite famille. Et oui, il n’était pas habitué aux biberons de la nuit, aux couches, aux pleures quand il y en avait! Il n’a pas vécu la naissance de sa puce dans la joie et la bonne humeur ! J’ai lu de la peur dans ses yeux ce soir là. Et je l’ai revu à notre retour à la maison. Mais il a pris sur lui, et s’est montré comme un vrai chef de famille !

 

Un mois et demi plus tard, cette cochonnerie commence à fuir ! L’odeur, la texture, j’en pouvais plus ! Je veux bien être forte, mais ce serait plus facile sans ce machin là entre les pattes ! Pendant une semaine, j’allais tous les jours aux urgences pour qu’ils m’opèrent, qu’ils me libèrent ! Ils n’ont jamais voulu ! Pourtant vous la sentez l’odeur, vous voyez que je peux pas rester comme ça, soyez pas inhumains et aidez-moi ! Non, ils ne peuvent rien pour moi!

Le 7ème jour, j’ai demandé, toujours aux urgences, à rencontrer le professeur ! Une interne est venue, m’a charcutté, et est partie en courant ! Je ne l’ai jamais revu… Mais 10 minutes plus tard, qui vois-je, Monsieur Le Professeur en personne, ce héros, qui m’a sauvé la vie ! Le résultat est sans appel, opération d’urgence, c’est en train de s’infecter !

Oh merci, je pleure de joie, je vais me faire opérer !! oui à ce moment là, je suis prête à tout pour qu’on m’enlève tout ça!

Je suis restée là-bas 4 jours, et à mon retour à la maison, triomphante et libre, j’ai pris ma voiture et je suis partie faire un tour pour m’aérer l’esprit et apprécier cette nouvelle liberté.

Monsieur Le Professeur m’avait donné une seconde chance, une chance de pouvoir revivre une vie normale, enfin, presque normale.

Quelques jours après, on me retire la vésicule, trop de calculs… et les douleurs dans le périnée ont commencé.

 

Brûlures, décharges électriques, mal dans le bassin et au sacrum… C’est quoi encore cette histoire?! C’est l’histoire d’un thrombus vaginal qui a fait beaucoup de dégâts en restant là pendant plus d’un mois et qui m’a écrasé le nerf de périnée.

1 an plus tard, on me diagnostique une névralgie pudendale. Inflammation d’un nerf qui passe par le périnée. Le mien était écrasé, et il n’y a rien qui ne peut calmer les douleurs. Errance du corps médical, moquerie des médecins de la sécu parce qu’ils ne connaissent pas cette pathologie. Parce que vous savez quoi, aujourd’hui je marche sans boiter, mais mes douleurs sont toujours là sauf que ça ne se voit pas ! Position assise et debout sont très difficiles, mais ça ne se voit pas. Alors pour les gens, je vais bien.

2 ans et demi plus tard, prise en charge par le centre anti douleur… Je me sens comme un rat de laboratoire, on me diagnostique des douleurs myofaciales qui courent dans tout le dos ! ça ne se voit pas, donc je vais bien?!

 

Résultat, j’ai perdu mon job, je suis en arrêt depuis 2 ans, aucun traitement ne peut me soulager, et le regard des gens est fuyant, comme si j’en faisais trop!

Et c’est quand que tu reprends le boulot? mais on dirait que tu vas bien? ah bon tu as mal, ça ne se voit même pas??

 

Alors aujourd’hui, je n’ai qu’une chose à dire, je SURVIS. Oui, mon objectif premier est que ma fille ne manque de rien. Qu’elle aie face à elle une mère forte, mais fragile. Et mon second, de retrouver une forme malgré tout ça !

 

Je vais y arriver, on va s’en sortir! Nous ne sommes pas une famille comme les autres à cause de cette épreuve, mais on en sort plus fort, et plus aimant encore!

Mon loulou était là, et est toujours présent pour moi. Je ne sais pas ce qu’il a pu ressentir pendant ces 2 ans et demi, mais je tiens à dire que sans lui, sans sa force, je ne serais pas là aujourd’hui.

Merci mon loulou d’amour, un jour j’irai mieux!

Dans tous les cas, la naissance de ma fille reste le plus beau jour de ma vie!

 

Publicités

4 commentaires sur “Le thrombus vaginal

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :